crash colombie lamia

Crash en Colombie du vol Lamia 2933

Crash en Colombie du vol Lamia 2933

 

Voici la suite et fin de mon analyse sur cet accident. J’avais parlé dans mon post sur ma page Facebook de mon avis sur les thèses de la panne électrique totale et sur la panne sèche.

Après l’arrivée de nouvelles informations, nous pouvons à peu près voir ce qu’il s’est passé (a l’heure où j’écris, nous n’avons pas encore les informations des boîtes noires).

La compagnie Lamia a 3 Avro RJ-85, dont deux cloués au sol pour maintenance. Certaines informations disent qu’ils sont au sol pour facture impayée. Ça vous donne une idée de la qualité de la compagnie déjà.

Alors tout commence au départ. Le commandant dépose un plan de vol de Santa Cruz à Medellín en direct, sans stop pour faire le plein. L’autonomie de cet avion est d’environ 4h30, durée du voyage sans vent….4h30. Celui-ci est refusé par le contrôle aérien, car dans la réglementation internationale sur l’emport du carburant, tous les avions doivent prévoir des réserves réglementaires (voir post sur Facebook). Je ne sais pas par quel miracle, mais celui-ci est finalement accepté. La contrôleuse a d’ailleurs quitté le pays et a demandé l’asile politique au Brésil pour information !!

Pas de chance pour ce vol, à l’arrivée, un avion de Viva Colombia demande un atterrissage en priorité suite à un problème de jauge carburant. Le contrôleur fait passer ce vol en priorité (puisqu’il l’a demandé) et met l’avion de Lamia en attente près de l’aéroport.

Quelques minutes plus tard, l’avion disparaîtra des écrans radars pour le résultat que nous connaissons.

Les médias locaux ont déjà dévoilé les communications entre la tour et l’avion. Ce qui est malheureusement « extraordinaire », c’est que le commandant de bord ne s’est déclaré en urgence seulement que 2 minutes avant l’accident !!

La réglementation nous impose, nous pilote, de nous déclarer en « détresse » si nous avons moins de 30 minutes de kérosène !! Et là, pas un mot. Si tel avait été le cas, je vous assure que le contrôle aérien l’aurait fait passer en 1er, et peut être que tout ça n’aurait pas eu lieu. Alors, pourquoi le commandant ne l’a pas fait ? Je ne sais pas. Peut-être que l’étude des boites noires va nous éclaircir sur tout ça.

Malheureusement, comme pour beaucoup d’accidents aériens, l’humain est souvent à l’origine des situations qui mènent à un crash.

Beaucoup de ces informations ne sont que partiellement officielles, voire officieuses. Il faudra attendre l’analyse des boites noires pour pouvoir répondre de façon certaine à toutes nos questions.